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Préservation internationale

La diversité biologique en mer disparaît à un rythme inquiétant. La situation est surtout problématique dans les régions situées hors des juridictions nationales. Ces zones sont riches d’écosystèmes variés, comme les montagnes océaniques et les récifs coralliens d’eau froide. Il s’agit d’oasis de vie, cruciales pour un grand nombre d’espèces animales comme les mammifères marins, les oiseaux et les tortues. Ces régions recèlent, en outre, d’une énorme richesse génétique. Et, tout comme les forêts tropicales et le Pôle Sud, elles sont l’une des zones de prospection préférées des entreprises de biotechnologie. Il faut donc protéger ces richesses.

 En matière de haute mer, c’est le res communis qui est d’application. Chacun a ainsi le droit d’utiliser la mer et personne ne peut se l’approprier, ni promulguer de mesures pour protéger la nature. La préservation du milieu marin peut donc seulement se faire par des mesures internationales. Sur les plates-formes internationales, c’est le Service milieu marin qui défend les postions de la Belgique.

 

l’Antarctique / Baleines / Le chalutage de fond / réseau de Zones Marines Protégées

 

Le chalutage de fond

Les fonds sous-marins sont le réservoir le plus important de biodiversité au monde. Il y vit plus d’espèces que dans tous les autres milieux marins. 98% de toutes les espèces marines dépendent des fonds océaniques. Environ 50% des espèces vivant à plus de 3.000 mètres de profondeur sont de nouvelles espèces. Cet écosystème est, en outre, particulièrement vulnérable et peut difficilement se reconstruire une fois endommagé. La plupart des organismes s’y développent très lentement et se reproduisent au même rythme.

Les fonds sous-marins sont le réservoir le plus important de biodiversité au monde. Il y vit plus d’espèces que dans tous les autres milieux marins. 98% de toutes les espèces marines dépendent des fonds océaniques. Environ 50% des espèces vivant à plus de 3.000 mètres de profondeur sont de nouvelles espèces. Cet écosystème est, en outre, particulièrement vulnérable et peut difficilement se reconstruire une fois endommagé. La plupart des organismes s’y développent très lentement et se reproduisent au même rythme. 

La dégradation écologique de ce système peut être comparée à la disparition des forêts tropicales. La mécanisation grandissante accélère chaque jour le rythme de dégradation. Le moins que l’on puisse dire est que les résultats d’enquête sont alarmants. Cinq espèces sous-marines étudiées ont vu leur nombre se réduire de 99,6% au cours de ces 26 dernières années.

 La pêche sauvage en est la cause principale et a conduit à la disparition quasi-totale d’une multitude d’espèces sous-marines ainsi qu’à la destruction continue de leur habitat écologique. Il est certain que les filets que le pêcheur tire, sont remplis une fois qu’ils ont « labouré une montagne océanique ». Mais une grande partie de la prise n’est pas « utilisable » et est rejetée par-dessus bord. Cela ne signifie pas que les animaux soient toujours vivants car, pour certains, la pression atmosphérique est trop faible pour leur survie. Sortir de l’eau signifie bien souvent qu’ils ont signé leur arrêt de mort.  La pêche aux filets trainants n’est pas seulement destructive pour les animaux.  Cette technique est notamment responsable de sérieux dégâts ou de destruction totale de la plus grande partie des systèmes coralliens d’eau froide dans l’océan nord-Atlantique. Il est donc grand temps d’élaborer un moratoire sur les filets trainants. 

réseau de Zones Marines Protégées

En ce qui concerne la gestion du milieu marin, les instruments qui existent ne sont pas suffisamment appliqués. En outre, les instruments existants ne sont pas adaptés pour la mise en œuvre d’une politique intégrée du milieu marin, parce qu’ils proviennent d’une réflexion sectorielle. C’est pourquoi l’Europe et la Belgique encouragent la création d’implementation agreements. Avec ses accords, on renonce à l’approche sectorielle et on passe à une politique fondée sur l’approche de l’écosystème et le principe de précaution. Des principes qui ont déjà été acceptés de façon générale pour d’autres thèmes du droit environnemental international. Ces accords sont comparables à ce que la Belgique a déjà réalisé avec son Plan Master. 

Les Implementation agreements sont des processus où tous les instances autorisées coopèrent à réaliser un réseau de Zones Marines Protégées. La première étape est l’identification des espèces marines et écosystèmes importants et vulnérables Il convient, ensuite, d’identifier toutes les activités humaines et leur impact sur le milieu marin en dehors des eaux territoriales. C’est sur cette base que nous pourrons protéger les zones et examiner quelles sont les limitations d’utilisation nécessaires. Cela signifie donc qu’il ne faut pas toujours tout interdire. 

Parvenir à une gestion internationale efficace et intégrée du milieu marin est une tâche que Sisyphe ne nous envierait pas. Il y a au moins 11 instances compétentes en la matière : l’ISBA (Autorité internationale des fonds marins), l’OMI (Organisation maritime internationale), les RFMO (Organisations régionales de la pêche), l’UNCLOS (Convention des Nations Unies sur le droit de la mer), la RSC (Royal Society of Chemistry), la CDB (Convention pour la diversité biologique), … pour n’en citer que quelques unes. Au niveau des pays, il y a aussi confusion. Il arrive aujourd’hui que les mêmes pays défendent des positions contradictoires, dans différents forums. Cette véritable tour de Babel contraste fortement avec la vitesse à laquelle le milieu marin se dégrade. Il faut très vite prendre les décisions qui permettront d’empêcher que ce problème s’étende davantage. Les RFMO (Regional Fishery Management organisations) ont un rôle décisif à jouer à ce niveau. Les méthodes non durables de pêche sont l’une des principales causes de la destruction du milieu marin.

Malgré ces obstacles, les négociations pour créer un réseau de Zones Marines Protégées sont à leur première phase. L’objectif est de rendre la CDB compétente pour la définition des critères d’identification des zones écologiques de valeur. Bien que certains pays fassent encore preuve de résistance, cette première initiative cruciale semble être proche.

Alexandre De Lichtervelde

Publié le 21/04/2008 – Page mise à jour le 21/04/2008