Problèmes environnementaux et menaces

L'activité humaine a eu un impact négatif majeur sur l'environnement marin, en particulier au cours des dernières décennies. La mer et sa biodiversité sont affectées, notamment par la nature et l'ampleur de ces activités.

Par exemple, en raison de la pollution causée par les déchets marins et de l'eutrophisation, la qualité de l'eau de mer a changé au cours des dernières décennies. Le changement climatique a, lui aussi, un impact sur la température de la mer et en augmente l'acidité. La pêche est également un problème très important en raison de la surpêche et de ses conséquences sur les fonds marins.
En outre, les niveaux de bruit dans l'eau changent suite aux travaux dans les parcs éoliens, à la navigation, à l'extraction de sable, aux activités de défense, aux loisirs ... Enfin, la biodiversité indigène est également en déclin tandis que plusieurs espèces exotiques envahissantes ont fait leur apparition, rendant la vie des espèces indigènes encore plus difficile.

Le service Milieu marin est constamment à la recherche de solutions spécifiques à ces problèmes. Chacun d’entre nous peut aussi jouer un rôle positif  pour  une mer plus saine !

Déchets marins

On entend par déchets marins, tout matériau solide fabriqué par l'homme et qui se retrouve (in)directement ou (non)intentionnellement dans le milieu marin.

Les déchets marins représentent un problème croissant au niveau de toutes les mers et de tous les océans, un problème considéré comme une menace importante pour notre environnement

Chaque année, dans le monde, en moyenne 8 millions de tonnes de déchets plastiques se retrouvent dans la mer. Cela représente un camion plein par minute !

Origine des déchets

Tous ces déchets proviennent de la mer et de la terre. Les activités en mer pouvant constituer une source de déchets marins sont, notamment, la navigation, la pêche, l'aquaculture, etc.  Les filets de pêche abandonnés constituent un exemple de déchet marin extrêmement problématique.


© Vilda

Les déchets terrestres peuvent, eux, aboutir dans le milieu marin par la voie des fleuves, des égouts ou des installations d'épuration des eaux ou tout simplement du vent. Une part importante des déchets qu'on retrouve sur les plages provient des activités touristiques. Lors des feux d'artifice, des festivals, des événements sportifs et de l’ouverture des bars, des quantités massives de déchets sont abandonnées sur la plage. Avec la popularité de ces événements, la quantité de déchets ne cesse d’augmenter.


© Vilda

Les déchets plastiques

La mer du Nord est aussi confrontée au problème des déchets marins. Environ 90 % des déchets de notre mer du Nord sont constitués de déchets plastiques. Les plastiques sont des substances synthétiques polymères connues pour leur durabilité ou leur longue durée de vie, ce qui signifie qu'ils demeurent très longtemps dans l'environnement. Certaines substances ne se dégradent qu'après 450 ans tandis que les petits fragments comme les microplastiques ou les nanoplastiques ne disparaissent jamais complètement. Cet afflux continu de déchets plastiques entraîne leur accumulation dans le milieu marin et leur élimination nécessite des décennies, voire des siècles.

Les déchets marins constituent une menace majeure pour l'écosystème marin et la biodiversité marine. Des poissons, des oiseaux, des tortues de mer ou des mammifères marins s'empêtrent régulièrement dans les filets abandonnés. De nombreux animaux considèrent les déchets marins comme de la nourriture et remplissent ainsi leur estomac avec ces déchets. Du coup, ils ingurgitent moins de nourriture saine et ils s'affaiblissent.


 © Unsplash en Vilda

En outre, diverses substances toxiques telles que des polluants organiques persistants, comme on dit dans le jargon scientifique, se lient facilement aux microplastiques. Plus les animaux mangent de plastique, plus ces toxines s'accumulent dans leur organisme. Ce processus est appelé la bioaccumulation. Et ce problème s'aggrave au fur et à mesure qu'on remonte la chaîne alimentaire. En effet, les plastiques et les substances toxiques qui y sont liées ne disparaissent pas lorsqu'on les mange. Ce processus d'accumulation au sein d'une chaîne alimentaire est appelé bioamplification. C'est un processus important pour l'homme vu notre position  au sommet de la chaîne alimentaire. Nous absorbons donc inconsciemment du plastique et des substances toxiques quand nous mangeons un filet de poisson, surtout lorsque nous consommons des espèces de poissons situées au plus haut dans la chaîne alimentaire, comme le thon ou le saumon.

Que font les autorités ?

Les autorités fédérales luttent contre les déchets marins par le biais du Plan d'action Déchets marins. Ce plan d’action, à portée très large, se concentre sur la prévention des déchets marins, macro et micro, qu’ils soient issus de la terre ou de la mer. Il vise à sensibiliser et conscientiser le public à la problématique des déchets marins. Il comprend aussi bien des mesures de prévention des déchets marins à la source que des mesures de nettoyage des plastiques en mer et de contrôle du respect de la législation. Il mise sur une collaboration intensive et invite tous les partenaires concernés, au niveau national et international, pouvoirs publics et industrie, à prendre leurs responsabilités. Le plan d'action Déchets marins contribue ainsi à la réalisation des objectifs des Nations unies en matière de développement durable.


© Commission européenne 

Le service Milieu marin soutient le projet « Fishing for Litter » depuis déjà plusieurs années. Les pêcheurs ramènent les déchets dans des « big bags » qu’ils soient traités à terre. Cette action de sensibilisation permet d’éviter les déchets dans les filets de pêche. En outre, ce projet contribue à la protection des stocks de poissons, un aspect fondamental pour pérenniser le métier de pêcheur.

Et vous, que pouvez-vous faire?

Sur notre site web lamercommencechezvous.be, vous trouverez toute une série de conseils et de sources d'inspiration pour faire la différence agir en faveur de la mer du Nord.

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Surpêche & prises accessoires

De plus en plus de poissons sont pêchés suite à une demande toujours croissante, au développement de meilleures techniques de pêche et à la taille de plus en plus grande des navires. Quand les bateaux de pêche capturent plus de poissons qu'il n'en faut pour assurer la conservation de l'espèce, on parle de surpêche.

La surpêche est l'un des principaux problèmes auxquels est confrontée la politique commune de la pêche de l'Union européenne. Pour cette raison, l'UE fixe des quotas de pêche par pays et par espèce et la PPC est également responsable de la gestion durable de la flotte de pêche et de la mise en place d'une transition durable dans le secteur. Au-delà d’un problème écologique, la surpêche est aussi constitue un problème économique Les stocks de poissons des espèces commerciales telles que le cabillaud, la sole et la plie ont fortement diminué au cours des dernières décennies. Une fois les stocks de poissons épuisés, de nombreux pêcheurs seront au chômage.
© C. Ortiz Rojas et WWF (Rudolf Svensen)

Prises accessoires

Outre le problème de la surpêche, il existe également le problème des prises accessoires indésirables dans les filets des pêcheurs. Ces saisies concernent généralement des spécimens trop petits mais d'autres espèces comme les crustacés, les mollusques, les étoiles de mer, et même les mammifères marins et les oiseaux de mer sont touchés. Actuellement, les prises accessoires sont généralement rejetées par-dessus bord. Cependant, ces animaux meurent souvent des suites de leurs blessures. Dans le cas des mammifères marins – les marsouins essentiellement – les pêcheurs doivent déclarer les prises accessoires à l'autorité compétente, l'UGMM (l’Unité de Gestion du Modèle Mathématique de la Mer du Nord) qui suit l'évolution de ces chiffres.

Depuis le 1er janvier 2016, le rejet des prises accessoires et des poissons n'ayant pas la taille requise est interdit dans toute l'Union européenne par le biais de l'obligation de débarquement. Bien que les petits poissons ne sont pas encore propres à la consommation mais ils doivent être déclarés afin d'obtenir une estimation correcte des stocks de poissons. La Commission européenne détermine à quelles espèces de poissons s'applique cette réglementation, quelles sont les exceptions et pendant combien de temps ces dispositions s'appliquent.

Dans la pêche au chalut à perche, les prises accessoires représentent 40 à 75 % des prises totales. Dans la pêche à la crevette, cela peut aller jusqu'à 85 à 90%. Cette situation entraîne une détérioration considérable de certaines espèces, comme l'huître plate, le grand dauphin et la raie épineuse.

Que font les autorités ?

En adoptant des mesures dans le domaine de la pêche, la Belgique, en concertation avec d'autres États membres, joue un rôle actif dans la protection de l'environnement marin contre l'impact de la pêche dans les zones sensibles.

En 2015, par exemple, les autorités flamandes ont voté une nouvelle loi interdisant l'utilisation des filets maillants. Sur la côte, ils présentaient un risque de suffocation pour les marsouins et les oiseaux de mer.

Et vous, que pouvez-vous faire ?

  • Choisissez des poissons pêchés ou élevés de manière durable, avec des labels tels que MSC et ASC. Ces labels garantissent que le poisson que vous mangez provient d'une source durable.

  • Utilisez des calendriers basés sur les comportements des poissons pour faire des choix écologiques. Ces calendriers indiquent dans quelles zones et à quel moment il est préférable d'acheter du poisson afin que l'impact sur les stocks reste minime. Pendant la saison des amours, les poissons doivent être dérangés le moins possible afin qu'ils puissent se reproduire de manière optimale.

  • Si vous voyez des filets illégaux sur les plages, vous pouvez le signaler aux gardes-côtes afin qu'ils les enlèvent et qu'aucun animal ne s'y emmêle inutilement.

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Destruction des habitats et déclin des espèces marines

La mer du Nord est de plus en plus fréquentée et la pression sur l'espace réservé à la nature se ressent plus fortement. La perte des habitats se produit lorsque l'habitat nécessaire aux animaux et aux plantes se détériore considérablement, voire disparaît. La plupart des océans sont sous tension, en particulier autour des zones côtières. Ces endroits sont densément peuplés et les activités humaines y sont nombreuses : le tourisme, l'industrie, les ports, les transports et l'habitat exercent une forte pression sur ces lieux.


© Vilda 

Les zones côtières sont précieuses car elles abritent généralement des habitats importants. Les dunes, les marais, les estuaires, les vasières et les marais salés servent fréquemment de frayères, de zones de reproduction ou de ravitaillement. Elles jouent donc un rôle clé dans le cycle de vie de nombreuses espèces. La perte des habitats ou la disparition d'une espèce clé d'un habitat occasionne souvent un impact majeur sur la biodiversité puisqu’elle peut aussi entraîner une réduction des services écosystémiques.

L'influence de l'homme se ressent également en mer. Les activités qui perturbent le fond, telles que la pêche, la construction de parcs éoliens et l'extraction de sable, ont entraîné la disparition totale des parcs à huîtres qui existaient autrefois au large des côtes belges. Les lits de gravier ont également été gravement perturbés, entraînant une baisse de la biodiversité. En raison de l'agitation du gravier, les espèces présentes ont été détruites sans avoir la possibilité de se développer à nouveau. Nous ne trouvons plus ces espèces que dans des endroits naturellement protégés contre les perturbations en raison de leur emplacement. Certaines espèces extrêmement vulnérables, telles que l'huître plate européenne et le pouce de l'homme mort, c’est déjà trop tard. Elles sont en voie de disparition.


© Depositphotos

Le changement climatique a des effets majeurs sur la mer. Il augmente la température de l'eau et son acidité. La pollution par l'azote et les espèces exotiques envahissantes modifient à leur tour, de manière significative, les caractéristiques et la composition des espèces de notre mer du Nord.

Vous trouverez plus d’information sur la protection des habitats et des espèces dans les objectifs de conservation du service Milieu marin et les arrêtés royaux sur les procédures et la protection des espèces.

 

Que font les autorités ?

Un équilibre durable entre un environnement marin sain et les activités humaines en mer est un enjeu crucial. C’est la seule option pour protéger et/ou restaurer la biodiversité présente. Un rapport sur les incidences environnementales (RIE) devrait donc être élaboré pour chaque activité humaine importante en mer. Ce RIE décrit les conséquences environnementales potentielles d'un plan, d'une activité ou d'un projet et peut servir de base à l'obtention d'une autorisation.

Par le biais du Belgian Nature Integratetd Project (BNIP), les différentes autorités flamandes, wallonnes et fédérales ont uni leurs forces pour atteindre les objectifs de Natura 2000 sur terre et en mer par le biais de Prioritized Action Frameworks (PAF). L'Agentschap voor Natuur en Bos coordonne ce projet et crée un cadre opérationnel permettant d’offrir une expertise et un soutien aux projets Natura 2000 sur le terrain.

Pour plus d'informations sur le projet BNIP, veuillez consulter le site web.

Et vous, que pouvez-vous faire ?

  • Élargissez vos connaissances sur la nature dans et autour de la mer, et aussi près de chez vous. Vous trouverez de nombreuses informations auprès de l'association locale de protection de la nature, dans les centres de protection de la nature, dans des livres ou en ligne.
  • Aidez les autres à s’informer sur l'importance de la nature.
  • Visitez les réserves naturelles et les sanctuaires d'oiseaux, découvrez les centres d'éducation à la nature ! Vous avez besoin de conseils ? N'hésitez pas à vous rendre au Zwin ou au centre Duinpanne ou Doornpanne...
  • Aidez à lutter contre la pollution (conseils sur www.lamercommencechezvous.be) et réfléchissez à votre comportement de consommation.

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Espèces exotiques envahissantes

Certaines espèces exotiques sont régulièrement présentes dans notre mer. Ce n'est pas un problème en soi sauf quand elles se mettent à se multiplier de manière incontrôlée. Lorsque des intérêts écologiques, économiques ou de santé publique sont en jeu, on parle d'espèces exotiques   envahissantes.

Le couteau américain et l'huître creuse du Pacifique © Jan Haelters/IRSNB et Oscar Bos

Les espèces exotiques envahissantes sont la deuxième cause d'extinction des espèces. Elles constituent l'une des plus grandes menaces pour la biodiversité indigène tant sur la terre ferme, qu'en eau douce ou en mer. La partie belge de la mer du Nord abrite 73 espèces non indigènes. On en trouve même sur la plage : le couteau américain, la crépidule et l'huître japonaise. Ces espèces ont été introduites par des « vecteurs ». Dans le milieu marin, il s'agit principalement de la navigation : soit elles se fixent sur la coque, soit elles s’infiltrent dans les eaux de ballast. Les autres vecteurs sont l'aquaculture en mer et le déversement d'animaux ou plantes d’aquarium dans la nature. Dans certains endroits, comme les ports maritimes, plus de 60% des espèces sont non indigènes !

Que font les autorités ?

Un plan de gestion pour protéger notre biodiversité indigène est crucial. La Belgique s'est engagée à ce que les espèces non indigènes ne puissent avoir qu’un impact positif sur les écosystèmes marins.

Certaines mesures concrètes sont couvertes par la loi sur la protection du milieu marin. Il est, par exemple, interdit d'introduire des espèces non indigènes dans la partie belge de la mer du Nord. Une procédure est également nécessaire pour autoriser l'élevage d'espèces non indigènes dans le cadre de l'aquaculture en mer.

La présence d'espèces exotiques envahissantes est explicitement reprise dans la directive-cadre Stratégie pour le milieu marin. La convention sur la gestion des eaux de ballast constitue un autre instrument de lutte contre les espèces exotiques envahissantes. Cette convention internationale prévient, limite et interdit le déplacement et l'introduction d'organismes aquatiques nuisibles et de pathogènes dans l'environnement marin. Cela se fait par le contrôle et la gestion des eaux de ballast des navires lorsqu'ils naviguent d'un port à l'autre. Le SPF Mobilité contrôle l'application de cette convention.

Et vous, que pouvez-vous faire?

  • Ne jetez pas vos appâts dans l'eau après une activité de pêche. Ils contiennent souvent des vers, des petits gardons (une sorte de carpe) ou des écrevisses qui ne sont pas présents naturellement dans la mer du Nord. Ils peuvent évoluer et devenir une espèce envahissante.
  • Ne relâchez jamais vos animaux aquatiques dans la nature.
  • Jetez vos plantes d'aquarium dans un sac plastique, dans la poubelle.
  • Nettoyez vos chaussures de randonnée lorsque vous allez d'une réserve naturelle à l'autre. Sinon, vous risquez de propager des semences de plantes, des micro-organismes ou des agents pathogènes d'une zone  à l'autre.
  • En tant que consommateur, préférez les espèces indigènes et mangez local.

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Bruit sous-marin

Pour de nombreux organismes marins, mammifères marins, espèces de poissons et même d'invertébrés, l'ouïe est l'un des sens les plus importants. Les ondes sonores leur permettent de se déplacer et de s'orienter, de communiquer, de se nourrir et de se reproduire, ... Etant donné que sous l'eau, la lumière est rapidement absorbée, le développement d'une bonne ouïe s'est avéré une stratégie de survie nécessaire. Sous l'eau, les bruits sont nombreux et les ondes sonores constituent également un medium très puissant. A peine atténuées, elles se propagent cinq fois plus vite qu'au-dessus de l'eau.


© SSPA

De nombreuses activités humaines (navigation, battage de pieux pour l'installation d'éoliennes, exercices militaires, études sismiques, etc.) génèrent beaucoup de bruits sous-marins et peuvent donc affecter tous ces processus vitaux. Les conséquences de cette situation vont du masquage de signaux biologiques pertinents à l'altération du comportement, en passant par des dommages aux organes auditifs, des blessures ou même la mort à des niveaux de bruit très élevés. Les mammifères marins (cétacés, dauphins, marsouins) et les poissons (en raison de leur vessie natatoire remplie de gaz) sont particulièrement sensibles aux ondes sonores des explosions. Par contre, la plupart des invertébrés subissent peu de dommages car ils n'ont pas d'organes remplis de gaz.

Que font les autorités ?

La gestion des perturbations acoustiques est un des objectifs de la directive-cadre Stratégie pour le milieu marin. Lors de l'évaluation de l'impact environnemental des projets en mer, le bruit représente une pression environnementale qui est évaluée dans le cadre des permis d'environnement.

Le service Milieu marin se concerte avec le secteur militaire afin d'appliquer certaines mesures non techniques, telles que la destruction des engins explosifs sur terre plutôt qu'en mer, la mise en place d'un système de dissuasion, le report de la destruction des mines lorsque des mammifères marins sont observés et l'interdiction temporaire des explosions pendant les périodes où les marsouins sont présents  en forte densité. En collaboration avec le SPF Mobilité, nous sensibilisons également l'industrie du transport maritime afin de limiter l'effet du bruit sous-marin sur les cétacés.
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Acidification des océans

Le dioxyde de carbone (CO2) peut se dissoudre dans l'eau. C’est ainsi que les océans absorbent le CO2 de l'atmosphère. Plus la concentration de CO2 dans l'atmosphère augmente, plus la concentration de CO2 dans les océans augmente. Un quart du CO2 émis dans l'atmosphère (par la combustion de combustibles fossiles) est absorbé par les océans. Ils constituent donc un tampon important dans notre lutte contre le réchauffement climatique.

Mais chaque tampon connaît des limites, et là aussi, l'humanité met l'environnement marin à rude épreuve. Lorsqu'un océan absorbe du CO2, celui-ci réagit avec l'eau de mer pour former du dioxyde de carbone (H2Co3). Cet acide carbonique se décompose naturellement en molécules de bicarbonate et de carbonate. Ce processus chimique, au cours duquel des ions H+ sont libérés, acidifie l'eau de mer.

© NOAA

L'acidification ou l'augmentation de la concentration de CO2 dans les océans entrave la production de carbonate de calcium (CaCO3) par les organismes. Cette substance est le principal constituant des coquilles des crustacés, mais elle est également importante pour les diatomées, les coraux et les étoiles de mer qui les utilisent pour former leur squelette. Un manque de carbonate de calcium entraîne une fragilité du squelette, qui à son tour réduit les chances de survie. L'océan acide dissout en quelque sorte les squelettes calcaires.

Comme les diatomées constituent la base de la pyramide alimentaire en mer, l'acidification des océans risque d'avoir un impact majeur sur l'alimentation humaine. Depuis le XVIIIe siècle, le pH de l'eau de mer a déjà baissé de 0,11. Cela peut sembler peu mais ce chiffre représente une augmentation de plus de 25 % de l'acidité des eaux marines. La baisse de 0,3 ou 0,4 pH estimée d'ici 2100 pourrait donc avoir un effet désastreux sur le milieu marin.

Que font les autorités ?

La Belgique mène une politique climatique active en ce qui concerne la problématique du CO2. L’enjeu spécifique de l'acidification est abordé au niveau international dans le cadre de divers forums internationaux tels que la Convention de Londres et la Convention sur la diversité biologique. Le service Milieu marin veille à ce que les points de vue de la Belgique soient coordonnés au sein de ces différents forums. Par exemple, un représentant du service assiste systématiquement aux grandes réunions annuelles sur le climat (les COP sur le climat) afin de mettre en avant les intérêts des océans.

Et vous, que pouvez-vous faire à votre niveau ?

L'acidification des océans est une conséquence des émissions de CO2. C'est pourquoi les actions climatiques constituent un bon moyen d'arrêter l'acidification des océans. Il existe plusieurs moyens de réduire vos émissions de COdépendant de notre mode de vie, de nos choix de consommation et d’alimentation, de la manière dont nous nous déplaçons. Par exemple, il vaut mieux isoler correctement sa maison plutôt que de la chauffer à l'aide d'une pompe à chaleur, tout comme il vaut mieux travailler de la maison plutôt que d'aller travailler avec un véhicule électrique.

Vous trouverez des conseils plus complets sous changement climatique ou sur climat.be.
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Eutrophisation

Résultant le plus généralement des activités humaines telles que l'agriculture et l'industrie, l'eutrophisation se produit quand trop de nutriments -phosphates, nitrates, etc.- sont présents dans l'eau.  À première vue, cela semble anodin : les plantes des rivières, des lacs et des océans vont pouvoir  bénéficier de cet apport accru de nutriments.

La réalité est tout autre. Les algues sont les premières à utiliser cet afflux supplémentaire de nutriments, ce qui peut provoquer leur prolifération explosive. Ensuite, lorsque les algues meurent, elles sont décomposées par des bactéries dans un processus aérobie qui extrait progressivement l'oxygène de l'eau. Cela peut finalement conduire au décès des poissons et à une pénurie de nourriture pour les oiseaux. Par ailleurs, certaines espèces d'algues produisent de nombreuses toxines qui peuvent être absorbées par les animaux ou les humains et entraîner des symptômes tels que des crampes musculaires, la fièvre, la diarrhée ou une irritation des yeux.

La couleur des algues est importante pour identifier les espèces et le type de toxines qu'elles produisent. Sur notre côte, cette prolifération d'algues peut prendre la forme d’une marée verte ou d'écume sur la plage.


© NOAA

Que font les autorités ?

Le problème de l'eutrophisation du milieu marin se traite principalement par la mise en œuvre de la Directive-cadre Eau. Une surveillance est mise en place en collaboration avec les pays OSPAR. Des plans de gestion des bassins hydrographiques pour les eaux côtières belges sont élaborés, permettant la mise en place de mesures préventives. 

Et vous, que pouvez-vous faire ?

  • Si vous utilisez des engrais et des produits chimiques, faites-le à bon escient afin qu'ils ne soient pas emportés vers les cours d'eau voisins pendant un orage.
  •  Réduisez la pollution de l'eau en utilisant des produits écologiques (par exemple avec l'UE Ecolabel) dont la gamme est très large : produits d’entretien et de nettoyage de lessive, de vaisselle, entretien,  peintures.
  • Utilisez les désinfectants, les pesticides et autres produits chimiques tels que l'eau de Javel, les détartrants et les déboucheurs uniquement si c'est nécessaire, et de manière appropriée, pour votre sécurité.

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Changement climatique

Le rôle des océans dans la lutte contre le changement climatique a été sous-estimé jusqu'à présent. Essentiels, ils  nous fournissent la majeure partie de l'oxygène que nous respirons et ils forment un tampon de CO2 protecteur contre le réchauffement climatique. Depuis les années 1970, les océans ont d’ailleurs absorbé plus de 90% de l’excès de chaleur,. résultant  des activités humaines. Mais cette capacité d'absorption de la chaleur a ses limites et l'océan est progressivement saturé en CO2. Cette saturation a des répercussions, pour la vie dans les océans et pour notre avenir.

La fonte des calottes glaciaires

Une des images les plus connues du réchauffement climatique est la fonte des calottes glaciaires aux pôles. Cette situation est dramatique et risque de déclencher un effet domino. Les calottes glaciaires contiennent une très grande quantité de méthane, qui peut être libéré plus rapidement lorsque les calottes glaciaires fondent. Comme l'effet sur le réchauffement du méthane est 25 fois plus important que celui du CO2, cela peut provoquer des effets en cascade et amener la nature à prendre part au processus du changement climatique. À partir de ce moment, les efforts humains ne seront plus d'aucune utilité pour enrayer le phénomène.


© Givingcompass

Conséquences pour la biodiversité

En termes de biodiversité, des espèces emblématiques telles que les ours polaires, les morses, les pingouins et les baleines sont touchées par la perte  de précieux habitats. Les organismes qui vivent dans des eaux plus chaudes, comme les coraux, ont également du mal à s'adapter à l'élévation de la température. Ils meurent massivement en ne laissant que du corail décoloré.

Les organismes aquatiques migreront en masse à la recherche de conditions de vie et de reproduction adéquates. Une température plus élevée de l'eau entraînera le déplacement des espèces méridionales vers le nord. De nouvelles espèces, dont certaines espèces de balanes, apparaîtront au large de nos côtes et d'autres, comme le hareng, disparaîtront. La modification de la composition des espèces risque d’entraîner une perturbation des relations écologiques au sein de la chaîne alimentaire marine et d’affecter notre chaîne alimentaire.

© Reuters

Influence sur les courants marins et le niveau de la mer

Le changement climatique aura des répercussions sur les courants marins qui sont précisément dus aux différences de température de l'eau entre les tropiques et les pôles. À mesure que l'eau se refroidit, elle devient plus lourde et s'enfonce dans les parties plus profondes des océans pour remonter à d’autres endroits. La modification de la température de l'eau peut donc affecter la direction et la vitesse des courants marins. Les espèces migratrices qui dépendent de ces courants pour leur alimentation ou leur reproduction seront les premières à être touchées. Par la suite, le climat et les précipitations locales seront affectés.


© Jonathan Webb

En outre, la fonte des calottes glaciaires provoque aussi une élévation rapide du niveau des mers. D'ici 2050, on estime que cette élévation sera de 30 cm, et qu'elle sera même de 80 cm d'ici 2100. Les populations des petits états insulaires de l'océan Atlantique et des zones côtières basses et densément peuplées (par exemple le Bangladesh) seront les premiers réfugiés climatiques. Si nous n'arrêtons pas la montée du niveau de la mer, plusieurs états insulaires seront engloutis par l'océan d'ici la fin du XXIe siècle.

Que font les autorités ?

La question climatique étant mondiale, la coopération et les solutions visant à protéger les océans contre le changement climatique doivent également être recherchées au-delà des frontières. C'est pourquoi les Nations unies ont décidé de consacrer la décennie 2021-2030 à la recherche marine afin de soutenir la gestion durable des océans dans le monde entier.

Le 19 février 2019, en collaboration avec le service Changements climatiques, le service Milieu marin a organisé une conférence sur le climat au cours de laquelle la « Déclaration de Bruxelles sur les changements climatiques et l'océan » a été signée par les représentants de plus de 30 pays. Ce texte rassemble de nombreuses actions politiques autour des thèmes des océans et du changement climatique. Il souligne également l'importance cruciale de l'élaboration de politiques fondées sur la science et encourage la recherche sur les océans et le climat.

En outre, le service Milieu marin contribue aux efforts de réduction des émissions de CO2 dans le secteur du transport maritime, comme le propose l'Accord de Paris.

Et vous, que pouvez-vous faire ?

La menace du changement climatique peut sembler écrasante. Une première étape consiste donc à s'informer correctement sur le fonctionnement des océans et sur l'impact de nos habitudes. Partagez ensuite vos connaissances avec vos amis et votre famille.
Découvrez ci-dessous quelques conseils pour vous aider à réduire votre empreinte écologique et à protéger les mers :  

  • Déplacements : réduisez vos déplacements motorisés individuels. Si vous devez srtir de chez vous, faites-le de préférence à pied, à vélo, ou en utilisant les transports publics. Les personnes qui ont besoin d’une voiture, peuvent opter pour un modèle hybride ou électrique qui consomme peu. Le covoiturage est également une excellente option.
 
  • Logement : nos maisons contribuent  de manière substantielle aux émissions de gaz à effet de serre. Habiter en cente-ville ou simplement dans une petite maison ou un petit appartement réduit déjà nos émissions. Bien isoler, installer des pompes à chaleur, installer des chauffe-eau solaires et installer des panneaux solaires sont encore plus avantageux. Consultez le certificat PEB de votre maison, vous y trouverez des conseils utiles pour réduire les émissions de votre maison.
 
  • Achats : chaque produit, d'une simple feuille de papier à un ordinateur, coûte en CO2 lors de sa production. Emprunter des articles ou les acheter d'occasion est une bonne alternative. Lors de nouveaux achats, il est également important de veiller à un recyclage correct pour récupérer un maximum de matières premières. Moins il nous faut de matières premières pour vivre, mieux c'est pour le climat et l'environnement.
 
  • Alimentation : le secteur agricole est un secteur qui fait l'objet d'une attention particulière. On peut déjà avoir des résultats en adoptant un régime alimentaire avec moins de viande.  Il ne s’agit pas de supprimer totalement la viande de son alimentation mais plutôt de manger végétarien plusieurs jours par semaine. Manger local peut aussi être une solution. Cela permet d'éviter le transport des aliments et limite ainsi leur l'impact en termes de CO2. Et enfin, le mieux est aussi de manger les aliments de saison. En choisissant des aliments de saison, vous réduisez fortement l’'énergie utilisée pour leur production et leur conservation (serres, chambres froides, etc…). Les calendriers des légumes de saisons vous aideront à faire les bons choix !

Plus d'informations sur www.climat.be.
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Perturbation des sols

Les perturbations, telles que le raclage du fond marin, la perturbation des sédiments ou l'extraction de sable ou de gravier peuvent occasionner des dommages importants. Ces dégâts concernent principalement les services fournis par les écosystèmes des fonds marins et les espèces qu’ils abritent.

Le chalutage à perche, par exemple, est une technique qui consiste à traîner sur le fond un grand filet auquel sont accrochés de lourds poids. La perche ramasse tout sur son passage, détruit les écosystèmes fragiles et perturbe le sol. Lors du battage des pieux pour la construction des éoliennes, on utilise souvent un marteau qui enfonce les pieux dans le sol avec une énorme force. L'onde de choc qui se propage dans le sol peut alors potentiellement endommager les organes internes des invertébrés situés dans le sol.


© Brian Skerry et NOAA

Lorsque le sable est extrait, des communautés entières sont arrachées du sol et retirées de leur environnement marin. L'extraction de sable peut également créer un panache de sable qui trouble l’eau trouble et perturbe la vie marine présente. Il peut former une barrière pour les coraux qui ont besoin de la lumière du soleil pour fonctionner et donc entraîner la mortalité des poissons par manque de nourriture et d'oxygène.

L'exploitation minière des fonds marins pose des problèmes similaires : tant l'extraction des minéraux que le déversement des résidus entraînent d'énormes panaches de sédiments. Les dommages causés par toutes ces activités dans les fonds marins ont un impact majeur sur la biodiversité et la chaîne alimentaire dans les systèmes marins.

Que font les autorités ?

Il est évident qu'une activité est plus nocive qu'une autre. Toutes les activités diffèrent en termes de taille, de degré d'impact ou de niveau de dégradation sur les types d'habitats. C'est pourquoi chaque activité fait l'objet d'un rapport distinct sur les incidences environnementales. Chaque activité doit faire l’objet d’une demande d’autorisation. Celles-ci sont délivrées pour une période de validité déterminée.

Et vous, que pouvez-vous faire ?

En tant qu'individu, il n'est pas évident d'avoir un effet direct sur la perturbation des sols. Se renseigner et être sensibilisé  au coût de certaines techniques de pêche et d'extraction de sable pour l'environnement peuvent déjà être utile. Après tout, il s'agit d'activités motivées par la demande des consommateurs. Ainsi, par exemple, la forte demande de smartphones et de tablettes stimule l’intérêt pour l’exploitation des gisements miniers des fonds marins riches en matières premières précieuses.
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