L’impact sur la santé

La ventilation

Les CO2-mètres

Les purificateurs d’air

Les recommandations du Baromètre Corona

Impact sur la santé

Quels peuvent être les effets sur la santé d’une mauvaise qualité de l’air intérieur ?

Dans une de ses publications, le Conseil Supérieur de la Santé liste les problèmes de santé, les plus fréquemment signalés, en cas de mauvaise qualité de l’air.

On y retrouve notamment :

  • les symptômes respiratoires,
  • la fatigue,
  • les allergies,
  • l’irritation des muqueuses,
  • l’irritation des yeux,
  • l’irritation de la peau,
  • les maux de tête,
  • les vertiges.

Des recherches internationales établissent également un lien entre l'exposition à une mauvaise qualité de l'air et un certain nombre de maladies comme :

  • l'asthme (et les symptômes de l'asthme);
  • le cancer du poumon;
  • les maladies cardiovasculaires (MCV);
  • les  infections/symptômes des voies respiratoires supérieures et inférieures ;
  • les  intoxications aiguës.
(IAIAQ, 2011).


La ventilation

En quoi le fait de ventiler peut-il freiner la propagation des virus ? 

Lorsque nous respirons, parlons, toussons ou éternuons, nous émettons, dans l’air que nous expirons, un nombre plus ou moins important de petites gouttes d’eau. Lorsque nous sommes infectés par des virus ou des microbes, ces gouttes en sont chargées.  

Les gouttes les plus grosses tombent très rapidement sur les surfaces et sur le sol, mais peuvent contaminer les personnes proches, d’où l’importance de respecter une certaine distance physique entre les personnes, de porter un masque et de respecter les gestes barrières.  

Les gouttes plus fines ou microgouttelettes restent, en revanche, plusieurs heures en suspension dans l’air : c’est ce qu’on appelle « les aérosols ». 

Dans une pièce, ces aérosols se répandent progressivement dans tout l’espace. Leur diffusion est comparable à celle des parfums ou de la fumée de cigarette.  

Plus la concentration en aérosols dans une pièce est importante, plus le risque de contamination est élevé.  

Existe-t-il des valeurs de seuil au-delà desquelles les virus ne peuvent plus se propager ?

Il n'existe pas de valeur seuil pour le débit de ventilation, le taux de renouvellement d’air ou la concentration de CO2 avec laquelle on peut exclure le risque de contamination.  

Plus la ventilation est intense et régulière, plus le risque est réduit.  

C'est pourquoi il faut s'efforcer d'atteindre, à l'intérieur, une concentration en CO2 comparable à celle de l'air extérieur (soit environ 400 ppm).  

Si la concentration en CO2 est inférieure à 900 ppm (ou 500 ppm au-dessus de la concentration extérieure), la pièce est considérée comme bien ventilée.  

Dans un contexte de crise sanitaire telle que le COVID-19, Cette valeur est acceptable sur le plan sociétal en vue de limiter la propagation du virus par les aérosols.  

En pratique, si le débit est de 40 m³/heure par personne ; un adulte exerçant une activité calme arrive à peu près toujours à ne pas dépasser la valeur de 900 ppm (ou 500 ppm au-dessus de la concentration extérieure). Ce taux de ventilation minimal est plus élevé dans le cas d’activités intensives, puisque la production de CO2 et la production d’aérosols (et donc la respiration de ces aérosols) sont alors plus importantes. 

En cette période de prix d’énergie élevés, la ventilation est-elle une bonne idée ?

La consommation d'énergie reste un point d'attention important.  Maintenir un seuil inférieur à, par exemple, 1 200 ppm et de 25 m³/h ne se traduit pas par une forte augmentation de la consommation À CONDITION d'adapter la ventilation au nombre de personnes présentes dans la salle et/ou en fonction de la concentration mesurée en CO2.

Du point de vue énergétique, il est intéressant de disposer, si possible, d'un système avec récupération de chaleur et régulation en fonction de la demande. La régulation en fonction de la demande fait en sorte que les débits de ventilation augmentent et diminuent automatiquement selon qu'il y a plus ou moins de personnes présentes dans la salle.

Existe-t-il des critères de qualité pour les systèmes de ventilation ?

Il n’existe pas d’exigence technique ou de qualité spécifique pour les systèmes de ventilation.

Des critères de mise sur le marché ont été déterminés pour les systèmes de purification de l’air mais pas pour les équipements de ventilation mécanique.

Cependant il convient de faire attention à l’acoustique des appareils car il faut éviter de « couper » la ventilation mécanique dans les salles en raison du bruit jugé excessif. Toutefois, si l’installation est coupée pendant les activités, il convient de surveiller la concentration en CO2 afin qu’elle reste dans les limites conseillées (en dessous de 900 ppm si possible et en évitant d’aller au-delà de 1200 ppm). 


Les CO2-mètres

Qu’est-ce qu’un CO2-mètre ? Est-ce la même chose qu’un compteur CO2, qu’un appareil de mesure de la qualité de l’air intérieur, qu’un capteur CO2 ?

Un CO2-mètre est un appareil qui mesure la concentration en CO2 dans un espace déterminé. Toutes ces appellations concernent le même type d’appareil de mesure de l’air.
 
L’utilisation de ce compteur contribue à protéger la population contre les risques de contamination dans les espaces clos, car la dispersion des aérosols pouvant contenir des virus (comme celui du COVID-19) peut y être particulièrement élevée.

Pourquoi est-il utile de mesurer le CO2 dans les espaces intérieurs ?

Il est compliqué de mesurer la concentration de particules virales dans l’air. Le CO2, que nous émettons également lorsque nous respirons, est beaucoup plus facile à détecter et à mesurer.

Mesurer la concentration de CO2 dans l'air constitue un bon indicateur de la qualité de l’air ambiant d’un local clos : une concentration en CO2 élevée montre que la ventilation est insuffisante dans cet espace et que la qualité de l’air n’y est pas bonne. Pour conserver une qualité de l’air saine et pour réduire le risque d’être contaminé par des aérosols, il est nécessaire d’aérer et de ventiler de façon à renouveler l’air des espaces clos.

Une concentration élevée en CO2 dans un espace clos ne signifie pas nécessairement que l’air est chargé de virus. Mesurer le niveau de CO2 permet de détecter des seuils de référence à partir desquels il est obligatoire de renouveler l’air de la pièce. Idéalement, le taux de CO2 dans l’air ne doit pas dépasser les 900 ppm. Certaines études scientifiques ont en effet démontré qu’au-delà d’une concentration de 1.000 ppm, le CO2 avait des effets sur les performances de l’être humain (notamment intellectuelles) et qu’il était préférable de rester en dessous de ce seuil.

La concentration naturelle en CO2 de l’air extérieur est en moyenne de 400 ppm. Il faut idéalement se rapprocher de ce seuil dans un espace clos.

Les CO2-mètres mesurent le taux de CO2 d’une pièce. Ils ne font pas office de ventilation ni d’aération.

Quelles sont les exigences légales que doit respecter un  CO2-mètre ?

Les CO2-mètres sont autorisés à la vente s’ils :

  • mesurent directement la concentration en CO2 ou ils répondent à la norme EN 50543 ; Il est important que les capteurs CO2 mesurent directement la concentration CO2 et qu’il n’estiment pas la concentration de CO2 en mesurant des autres paramètres comme les COV (composants organiques volatiles). Sur les appareils qui mesurent indirectement le CO2, il est souvent noté CO2,eq Si les appareils ne mesurent pas directement le CO2, ils doivent répondre à la norme EN 50543 afin de garantir une précision acceptable. couvrent des plages de mesures de la concentration de CO2 de 0 à minimum 2.000 ppm .

    Les compteurs CO2 doivent être conçus pour mesurer correctement cet intervalle de concentration en CO2. Lorsque l’on utilise un purificateur d’air, il est conseillé d’utiliser un capteur avec une plage allant jusqu’à 5000 ppm afin de tenir compte du fait que la purification d’air n’enlève pas le CO2.
  • sont prévus pour être réétalonnés pour compenser la dérive de la mesure selon les procédures fixées par le fabricant dans le manuel technique de l’appareil ;  Un compteur CO2, pour des raisons techniques, ne reste pas stable sur une longue période. La mesure s’écarte progressivement de la valeur réelle. L’appareil doit donc être réétalonné selon la procédure prévue par le fabricant. Cette exigence ne s’applique pasaux CO2-mètres qui sont dotés d’un dispositif d’auto-étalonnage.
  • mesurent une concentration en CO2 dont l’erreur est de maximum 10 % de la mesure.  

    Exemple : une erreur de 10% sur une valeur affichée de 900 ppm correspond à ± 90 ppm. Cela signifie que la valeur réelle se situe entre 810 et 990 ppm. Le seuil de 10% est l’erreur admissible autorisée. Tout appareil de mesure présente une erreur de mesure. 
  • sont fournis avec un manuel technique qui précise les conditions d’installation pour mesurer correctement la concentration en CO2 dans un espace donné. 

Seuls les CO2-mètres qui satisfont à l’ensemble de ces critères peuvent afficher la mention « appareil utilisable dans le cadre de la lutte contre le SARS-CoV-2 ». Cette mention peut être apposée directement sur l’appareil, son emballage ou dans le manuel technique. 

Ces critères sont ceux définis dans l’arrêté ministériel de mars 2022

Comment choisir un CO2-mètre ? A quoi dois-je faire attention ?

Attention, il importe de faire l’achat de CO2-mètres qui correspondent aux exigences définies dans l’arrêté ministériel.  Acheter un autre type d’appareil ne donne aucune garantie de mesures correctes et rend les mesures prévues en matière d’aération, de ventilation et de purification de l’air totalement inopérantes.
 
En outre, des publications assorties de recommandations pratiques facilitent :


Les purificateurs d’air

 

Qu’est-ce qu’un appareil de purification de l’air ?

Un appareil de de purification d’air est un système qui permet de capter des micro-organismes dans l’air et /ou d’inactiver une partie des micro-organismes qu’il contient. Il fournit ensuite un air décontaminé et, donc éventuellement purifié des polluants (comme par exemple des particules fines).

 Il existe deux grandes catégories d’appareils basés sur : 

  • la captation : capture des particules contenant potentiellement le virus (filtre HEPA, électrofiltres); 
  • l’inactivation : endommagement de tous les micro-organismes ou de certains d’entre eux dans un flux d'air, de sorte qu'ils ne puissent plus se multiplier ou se propager (ex. UV-C, etc.). 

Des exigences d'efficacité et de sécurité ont été définies par arrêté ministériel en mai 2021. Cet arrêté a depuis été prolongé jusqu’au 29 mai 2022.
 
Une liste reprend tous les appareils de purification autorisés à la mise sur le marché par le SPF Santé.

Pourquoi l’utilisation d’un purificateur d’air est-elle recommandée ?

L’utilisation de systèmes de purification de l’air, en complément de la ventilation, permet de réduire davantage le risque de contamination.  
 
Lorsque le CO2-mètre indique que la valeur de 1.200 ppm de CO2 est dépassée, il est vivement recommandé de renforcer la ventilation et/ou d’avoir recours à un système de purification de l’air reconnu. L’utilisation d’un purificateur d’air est donc recommandée, elle n’est pas obligatoire.

Avoir recours à un appareil qui purifie l’air peut être utile lorsque le débit de ventilation visé ne peut être atteint pour des raisons pratiques. Ce recours peut également être envisagé comme dispositif additionnel dans un espace qui est déjà suffisamment ventilé.  
 
Une liste reprend tous les appareils de purification autorisés à la mise sur le marché par le SPF Santé. 

Pourquoi installer un système de purification s’il ne fait pas baisser la concentration en CO2 ?

L’utilisation de ce type d’appareil permet de purifier l’air intérieur et d’améliorer sa qualité. Un air purifié garantit une présence moindre de contaminants biologiques (moisissures, bactéries et virus) et éventuellement aussi  chimiques (particules, formaldéhyde qui peut se dégager des meubles ou des revêtements de sol, etc). Voir à ce sujet : Pollution de l’air intérieur : nous y sommes tous exposés !

Aérer, ventiler, purifier et traiter l’air aident à limiter la propagation de ces contaminants comme expliqué dans la  vidéo courte du SPF Emploi Ventilez – YouTube

Les systèmes de purification de l’air qui ne figurent pas sur la liste du SPF sont-ils autorisés ?

Les appareils achetés avant le 28 mai 2021 sont autorisés. Les nouveaux appareils doivent être choisis dans la liste du SPF. Les fabricants et distributeurs peuvent faire inscrire un nouvel appareil en transmettant les preuves nécessaires montrant que l’appareil fonctionne bien et ne nuit pas à la santé. S’il s’agit d’appareils de purification de l’air installés avant le 28 mai 2021, comme les purificateurs d’air contre la fumée de tabac, les fiches techniques doivent être réclamées auprès du fabricant. Si le CADR est adapté pour la fumée de cigarettes, il aura aussi un effet sur les aérosols. Un capteur de particules (fines) peut éventuellement être utilisé pour suivre le bon fonctionnement de l’appareil.

Les purificateurs d’air, utilisés contre la fumée du tabac, peuvent-ils aussi être utilisés dans le cadre de la prévention des maladies respiratoires ?

.S'il s'agit d'équipements de ventilation prévus dans le cadre de la loi relative à l’interdiction de fumer dans certains lieux publics, le débit de ventilation de ces dispositifs peut être pris en compte. 

S'il s'agit de purificateurs d'air, il faut disposer des informations techniques nécessaires ou réclamer les fiches techniques auprès du fabricant. En effet, il faut pouvoir s'assurer que ces appareils sont efficaces contre les maladies respiratoires transmises par voie aérienne et qu’ils n'entraînent aucun effet néfaste parce qu'ils contiendraient de l'ozone ou que des radicaux libres s’y seraient formés en trop grandes quantités.

Si l’appareil de purification est adapté pour la fumée de cigarettes, il aura également un effet positif sur les aérosols. Il faut savoir que les particules qui composent la fumée (PM 2.5 ou moins) sont aussi fines que celles des aérosols contenant de pathogènes respiratoires.  C’est pourquoi un purificateur mis sur le marché avant la date du 12 mai 2021 (AR du 12 mai 2021) mais capable de mesurer un CADR de type PM 2.5 ou un débit de type « second hand smoke » (SHS), peut également être utilisé pour prévenir les maladies respiratoires. Il convient donc de lire attentivement la documentation accompagnant l’appareil afin d’en vérifier les niveaux de performance. L’emploi de ces purificateurs est recommandé à condition d’utiliser la valeur CADR (Clean Air Delivery Rate) ou le débit d'air purifié mentionnés dans la documentation.

 

Les mesures recommandées par le baromètre-corona

Quels sont les secteurs visés par les recommandations établies dans le cadre du baromètre corona ?

Le baromètre corona est un outil de communication élaboré par le gouvernement pour faciliter la compréhension des mesures conseillées pour améliorer la qualité de l’air intérieur en phase de pandémie du Covid-19.

Le baromètre Corona n’est plus d’application depuis le 23 mai 2022. Cependant le respect des dispositions sur la qualité de l’air intérieur sont fortement recommandées pour le bien-être et la santé de tous.
 
Les recommandations du Baromètre s’appliquent aux salles et espaces qui accueillent le public dans:

  • les établissements relevant du secteur sportif, en ce compris les centres de fitness ;
  • les établissements relevant du secteur événementiel, en ce compris les discothèques et dancings ;
  • les établissements de restauration et débits de boissons du secteur HORECA ;
  • les infrastructures où des activités récréatives (sport-jeunesse-culture) sont organisées

Dans ce type de locaux, où est-il préférable d’installer un ou des CO2-mètre(s)?

Idéalement, l’appareil doit être installé à :

  • un endroit bien visible et central ;
  • au moins 1,5 m de distance des personnes car l’air qu’elles expirent peut influencer les mesures.

Il ne doit donc pas être placé :

  • à côté d’une porte, d’une fenêtre ou d’autres ouvertures qui sont ouvertes fréquemment ou pendant de longues périodes ;
  • près de l’amenée d’air du système de ventilation.

Où est-il préférable d’afficher les résultats du CO2-mètre à destination du public 

Il est recommandé d’installer le CO2-mètre à un endroit bien visible pour le visiteur, sauf si un système d'affichage alternatif accessible au public et en temps réel est prévu.

Un capteur de CO2 par local, est-ce suffisant ?

Il est recommandé qu’au moins un appareil soit installé dans les locaux où :

  • on prépare et sert de la nourriture ou des boissons ;
  • on fume ; un sport est pratiqué ;
  • un événement est organisé ;
  • on projette des films (salles  de cinéma) ; 
  • des files d’attente peuvent se former ;
  • on se déshabille ( vestiaires).  

ATTENTION : si deux appareils installés dans un même espace à un endroit fréquenté par du public ou susceptible de l’être affichent des concentrations très différentes, ceci peut résulter d’une accumulation d’air vicié à certains endroits.