Les plastiques sont utilisés depuis plus de 60 ans dans la fabrication de multiples produits. Les plastiques sont résistants, légers et peu coûteux, mais présentent également de sérieux défauts. Leurs concepteurs ne sont pas parvenus à trouver une solution valable pour les plastiques arrivés en fin de vie. Beaucoup trop de plastiques se retrouvent dans l'environnement, où ils peuvent provoquer des dommages. Les petites particules de plastique en particulier, appelées microplastiques, constituent un danger pour l'environnement et pour la santé.

Les microplastiques, c'est quoi ?

Les microplastiques sont de minuscules particules de plastique. Parfois, elles ont été spécialement miniaturisées afin de pouvoir être ajoutées dans des produits, par exemple en tant que perles exfoliantes dans des produits de soins. Mais les microplastiques peuvent également résulter de la décomposition de déchets plastiques de grande taille comme les sacs et bouteilles en plastique. Les vêtements en matière synthétique contiennent souvent des fibres de plastique. Chaque fois que nous lessivons nos vêtements, les fibres se décomposent et des microplastiques aboutissent ainsi dans l'eau.
De même, la perte de microbilles et de poudres en plastique (qui servent de matières premières pour les produits en plastique) pendant le transport, le chargement et le déchargement est également une source importante de pollution plastique.

Impact sur l'environnement et sur la santé

Les déchets de plastique sont néfastes pour les animaux vivant en mer : les mammifères marins et les oiseaux de mer peuvent s'y faire piéger, y étouffer ou avaler de gros fragments de plastique. Même les fines particules de plastique sont nocives, en particulier pour les organismes marins de petite taille : petits poissons, petits homards, crevettes... Les particules ingérées donnent rapidement une impression de satiété, de sorte que ces animaux mangent moins et s'affaiblissent, voire finissent par mourir de dénutrition. En outre, même les plus petits organismes en bas de la chaîne alimentaire (comme le plancton et les algues) peuvent  ingérer de très petites particules de plastique, ce qui peut avoir un impact négatif sur l'ensemble de l'écosystème de nos mers et océans.


La pollution par le plastique ne constitue pas seulement une menace pour les écosystèmes, mais se retrouve également dans notre assiette. On a découvert des microplastiques dans des aliments et boissons tels que les huîtres, les crevettes, la bière et le miel. Les quantités sont pour l'instant minimes, mais nécessitent néanmoins un suivi. Les matières plastiques contiennent de nombreuses substances chimiques, qui peuvent s'avérer nocives pour (les animaux ou) les personnes qui les avalent.
Il est dès lors essentiel que la nouvelle législation sur les microplastiques intègre à la fois l’aspect ‘environnement’ et les aspects ‘santé’.

Quelles solutions les autorités mettent-elles en œuvre ?

En Belgique

Notre pays a élaboré un plan d'action national contre les déchets marins, comprenant à la fois des actions contre les macro- et les microplastiques. Vous trouverez plus d’informations dans la section « déchets marins ».
Par ailleurs, la Belgique participe à la campagne CleanSeas des Nations Unies (UNEP) qui invite à prendre des mesures pour diminuer la quantité de plastiques.

Début 2018, un accord avec le secteur des cosmétiques a été conclu en vue de l'arrêt progressif, sur une base volontaire, de l'utilisation des microplastiques. Dans un premier temps, l’accord vise les microbilles contenues dans les cosmétiques à rincer et les dentifrices.

En 2018, le SPF Santé publique a réalisé une étude de marché (NL) sur la présence de certains polymères dans les pâtes dentifrices et les produits de gommage/exfoliants. Plus de 700 produits ont été analysés. À cet effet, on a examiné les ingrédients mentionnés sur l'emballage : y trouve-t-on des polymères comme le polyéthylène (PE), le phtalate de polyéthylène (PET) ou le polypropylène (PP) ? Ces polymères sont potentiellement des microbilles. Seuls 11 produits sur 700 comportaient de telles mentions. L'étude confirme que le marché est (quasiment) prêt pour l'élimination des microbilles. 

D'autres secteurs également ont été encouragés à se montrer prudents avec les microplastiques, comme les fabricants d'objets en plastique, l'industrie chimique et pharmaceutique, les entreprises de recyclage et d'entretien qui utilisent des microplastiques pour le sablage. Ainsi, le SPF Santé publique a développé une méthodologie pour un autotest permettant d'aider les entreprises à éviter les émissions de microplastiques primaires dans l'environnement. Cette méthodologie a été transposée dans un manuel à l'intention des entreprises.

Le SPF Santé publique a également examiné dans une étude la présence de microplastiques dans le sel marin. C'est surtout le sel marin artisanal qui contient de petites particules de plastique. Ce sel marin, comme la fleur de sel, est récolté à la main de façon traditionnelle puis traité ultérieurement sans être lavé, de sorte qu'il peut contenir plus de microplastiques que le sel marin standard présent dans les rayons de nos magasins.

Initiatives européennes

La stratégie européenne sur les matières plastiques vise à protéger l'environnement contre la pollution par le plastique et à donner un rôle au plastique dans "l'économie circulaire" dont le but est de réutiliser sans cesse les matières premières.
Concrètement, l'objectif est qu'à l'horizon 2030, tous les emballages en plastique présents sur le marché de l'UE soient recyclables et que l'utilisation de plastique à usage unique soit réduite, via la Directive européenne contre le plastique à usage unique

L'utilisation intentionnelle de microplastiques doit aussi être limitée. À cet effet, la Commission européenne examine dans quels produits des microplastiques sont ajoutés et quelles sont les possibilités pour limiter cette utilisation. À la demande de la Commission européenne,  l'ECHA (European Chemicals Agency) a identifié en 2019 une large gamme d'applications de microplastiques ajoutés intentionnellement : sur les terrains en gazon artificiel, dans des engrais, des produits phytopharmaceutiques, des cosmétiques, des détergents ménagers et industriels, des produits de nettoyage et des peintures . 
Dans les produits de consommation, les particules microplastiques sont le plus souvent utilisées comme matières abrasives, (par exemple, les microbilles de plastique sont ajoutées comme des agents exfoliants ou de polissage), mais elles peuvent également être ajoutées pour régler la viscosité (épaisseur), l’apparence et la stabilité d’un produit. Elles sont même utilisées comme paillettes ou dans le maquillage ainsi que pour l’encapsulation des fragrances dans les produits lessiviels.
Après consultation publique et recueil des avis de comités scientifiques de l’ECHA, la Commission européenne et les États membres décideront ensemble des formes de microplastiques à interdire dans certains produits. 

La Commission européenne cherche également des solutions pour réduire les émissions de microplastiques non ajoutés intentionnellement (comme les microplastiques résultant de l'usure des pneus de voiture, du lavage des vêtements en fibres synthétiques ou de l'exposition aux intempéries de surfaces peintes situées à l'extérieur).

Le plan d'action régional OSPAR (Convention pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du Nord-Est) comprend également des actions contre les microplastiques. Les actions de notre pays (reprise ci-dessus) sont les plus marquantes à cet égard. 

Moi-même, que puis-je faire ?

  • Évitez les plastiques jetables, réutilisez et recyclez les emballages. Les sachets en plastique, les emballages, les pailles pour boissons etc. ne sont utilisés qu'une seule fois mais demeurent fort longtemps dans l'environnement. 
  • Choisissez un dentifrice, des produits de gommage, des cosmétiques et autres produits de soins ne contenant pas de microplastiques. Les détergents et les produits de soins porteurs de l'Écolabel européen sont exempts de microplastiques. Vous trouverez d'autres conseils encore sur www.lamercommencechezvous.be