Notification obligatoire des produits du tabac

L’arrêté royal du 5 février 2016 relatif à la fabrication et à la mise dans le commerce des produits du tabac impose au fabricants commercialisant des produits du tabac en Belgique de fournir annuellement aux autorités certaines informations telles que : une liste qualitative et quantitative de tous les ingrédients, le niveau d’émission de goudron, CO et nicotine, l’étiquetage, volume de vente, … .

 

Composition des produits du tabac

Les produits du tabac tels que les cigarettes ne contiennent généralement pas uniquement du tabac, mais aussi d'autres ingrédients comme par exemple des exhausteurs de goût. Beaucoup de ces produits sont nocifs pour la santé une fois brûlés.

La base de données des ingrédients du SPF Santé publique vous donne la composition de tous les produits du tabac présents sur le marché belge. Concernant les ingrédients les plus fréquents, des fiches d'information destinées au grand public ont été réalisées.

 

Ingrédients principaux

Les nombreuses entreprises présentes dans l’industrie du tabac fabriquent et vendent différents types de produits du tabac. Qu’ils soient fumés, mâchés ou prisés, ou que leurs fumées soient respirées par les non-fumeurs, leurs usages peuvent provoquer, et provoquent effectivement l’apparition de maladies invalidantes ou mortelles, et peuvent être la cause d’une mort prématurée. La cigarette est le produit du tabac le plus couramment consommé dans l’Union Européenne (UE). Pour la plupart, les personnes savent que fumer des cigarettes est dangereux pour la santé, en raison des milliers de composés qui sont produits et libérés dans la fumée lorsque la cigarette se consume, certains d’entre eux (des centaines) étant toxiques. Mais ce que les gens ignorent peut-être c’est que les fabricants de tabac ajoutent à leurs cigarettes des ingrédients autres que le tabac, qui affectent la composition chimique de la fumée. L‘usage de ces ingrédients, appelés additifs du tabac, est notamment signalé pour :

  • donner un arôme particulier à la cigarette ;
  • contrôler la façon dont la cigarette se consume ;
  • maintenir l’humidité du tabac et éviter ainsi qu’il se dessèche.

Pour certaines personnes, l’usage de ces additifs à un produit de consommation peut paraître parfaitement raisonnable. L’argument premier étant qu’améliorer l’expérience du consommateur n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Cependant, la question est totalement différente et devient très préoccupante dès lors qu’il s’agit d’aider les gens à mieux supporter et profiter d’un produit tel que la cigarette, dont la toxicité et les propriétés cancérogènes sont bien connues.

Les additifs peuvent rendre les cigarettes plus attrayantes en masquant certains des effets indésirables liés à l’inhalation de tabac brûlé. Par exemple, les additifs :

  • masquent le goût amer et la forte odeur de la fumée inhalée ;
  • adoucissent la fumée inhalée, réduisant ainsi l’irritation qu’elle cause aux voies respiratoires (ce qui en réalité cache tout signal du danger que représente la fumée de cigarette)
  • blanchissent la fumée et les cendres de la cigarette ;
  • améliorent l’aspect de la cigarette.

Au final, les fabricants de tabac se servent donc des additifs pour encourager à la consommation de cigarettes les personnes que les caractéristiques défavorables du tabac brut auraient autrement dissuadées. Plus la cigarette est agréable plus il est facile pour le fumeur de maintenir son habitude, ce qui augmente donc la probabilité qu’il devienne dépendant.

Des études ont également montré que la combustion des additifs du tabac peut former des composés nocifs pour la santé. Cependant, il est très difficile d’étudier les effets d’un additif pris de manière isolée en raison de l’effet conjugué global de tous les produits chimiques contenus dans la fumée de tabac. De plus, on sait que les produits dérivés de la combustion de certains additifs stimulent indirectement les effets de la nicotine sur le cerveau (la nicotine étant la principale substance à l’origine de la dépendance des fumeurs).

En dépit de tout cela, l’industrie du tabac est autorisée à utiliser des additifs, et continue de le faire, au motif que leur usage est considéré sans danger dans les industries agroalimentaire et cosmétique. Toutefois cela ne représente pas une base scientifique suffisante pour justifier leur usage dans les produits du tabac. En effet, ces produits agroalimentaires ou cosmétiques ne sont généralement pas consommés ou utilisés de façon à ce que les additifs soient brûlés (lors d’une exposition à des températures très élevées) puis inhalés. Dans le cas des produits cosmétiques ou agroalimentaires, les consommateurs sont exposés aux additifs d’une façon totalement différente de celle à laquelle ils leurs sont exposés lors de la consommation de produits du tabac. Par conséquent, lorsqu’ils sont consommés de cette façon l’effet de ces additifs sur le corps humain ne devrait pas être considéré comme comparable. Par ailleurs, le fait que ces additifs puissent rendre la consommation de produits du tabac plus attrayante est particulièrement préoccupant, étant donné la nature toxique et addictive de ces produits.

Les fabricants de tabac commercialisent également des cigarettes « naturelles » ou « propres » qui sont supposées ne contenir aucun produit chimique ou additif. Cependant, il faut rappeler aux consommateurs potentiels de telles cigarettes qu’il n’existe pas de cigarette sans danger, car la fumée qu’elle produit contient de toute façon les substances cancérogènes et autres composés toxiques issus du tabac lui-même.

Message à retenir : Les fabricants de tabac rendent les cigarettes plus attrayantes, ce qui encourage leur consommation et favorise la dépendance des fumeurs.

Pour plus d’informations sur les différents additifs, voir les fiches ci-dessous :

Les présents textes sont des traductions de fiches d'information sur les additifs du tabac rédigées par l'Institut national de la santé publique et de l'environnement des Pays-Bas (RIVM) et/ou le Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ). ). Le SPF Santé publique, Sécurité de la Chaine alimentaire et Environnement assume la responsabilité de la traduction. Les textes originaux en anglais se trouvent sur le site Internet du RIVM, www.tabakinfo.nl  (introduction, sucres, sorbitol, propylène glycol, glycérol, cacao, 2-furfural and acétaldéhyde) et sur celui du DKFZ, http://www.dkfz.de/de/tabakkontrolle  (introduction, menthol, caroube, fibre de cellulose, jus de pruneaux, vanilline, gomme de guar et réglisse). Cette initiative a été soutenue financièrement par l'Union européenne dans le cadre du programme Santé.

 

Pipe à eau (chicha)

Beaucoup de personnes pensent que la pipe à eau, est moins nocive que les produits à fumer classiques. Rien n'est moins vrai. Le tabac à chicha contient tout autant de substances nocives comme du goudron et de la nicotine. Les fumeurs de chicha inhalent en outre plus longuement et plus profondément la fumée, de sorte que par comparaison avec des fumeurs de cigarettes, ils absorbent une quantité plus élevée de ces substances.